Les pathologies du Sommeil

L'insomnie

InsomnieInsomnieOn estime qu’1 Français sur 5 souffre d’insomnie. Cette insomnie est sévère dans 9 % des cas. Elle se traduit par un sommeil de mauvaise qualité avec des difficultés d’endormissement, des réveils multiples dans la nuit, ou un réveil trop précoce le matin. Elle entraîne toujours un retentissement sur la qualité de la journée : fatigue, irritabilité, troubles de l’humeur, de la mémoire ou de la concentration.
Occasionnelle ou transitoire, elle est liée à un événement particulier ou à un environnement perturbant. Chronique, évoluant sur des mois voire des années, ses causes sont alors le plus souvent psychologiques.

L’insomnie symptôme ou maladie ?
L’anxiété, le stress et la dépression sont à l’origine de plus de la moitié des insomnies.
Chez l’anxieux, il s’agit le plus souvent de difficultés d’endormissement car la personne a du mal à se relaxer avec beaucoup de pensées et de préoccupations qui surviennent au moment du coucher. En cas de stress, les difficultés prédominantes touchent la seconde moitié de nuit avec l’impression de somnoler à partir de 4 ou 5 heures du matin. La dépression se traduit principalement par des éveils précoces en milieu et fin de nuit. L’insomnie est dans ce cas souvent le premier signe de la maladie dépressive.

L’insomnie peut-être secondaire à une maladie connue comme une hyperthyroïdie, un reflux gastro-œsophagien, un asthme nocturne, des rhumatismes…
Certaines maladies exclusivement liées au sommeil provoquent une insomnie :
 le syndrome des jambes sans repos avec au coucher des sensations très désagréables dans les jambes qui obligent à se lever et à bouger. Dans ces conditions l’endormissement est très laborieux.
 les apnées du sommeil, pauses de la respiration de plus de dix secondes avec luttes respiratoires au cours de la nuit qui morcellent le sommeil.

D’autres insomnies sont secondaires à des erreurs d’hygiène de vie ou des causes environnementales. Par exemple, le café est un excitant qui provoque ou entretient un mauvais sommeil. De même, un rythme de vie irrégulier ou un environnement bruyant, déstructurent le sommeil.

L’insomnie psychophysiologique apparaît généralement après une période d’insomnie dont la cause est connue : période de stress, dépression, maladie grave… Alors que la cause a disparu, l’insomnie persiste par un mécanisme de conditionnement qui s’auto-entretient principalement par la peur de ne pas dormir. Elle évolue ensuite pour son propre compte.

L’insomnie est un signal de votre corps qu’il faut expliquer et soigner. Parlez-en à votre médecin.

Quelques conseils pour mieux dormir

  • – Évitez tous les excitants, café, thé, vitamine C, coca-cola…
  • – Évitez de pratiquer un sport ainsi que toutes activités très stimulantes après 18-19 heures.
  • – Favorisez les activités relaxantes le soir : lecture, musique, télé.
  • – Ne faites pas de repas trop copieux le soir et évitez l’alcool au dîner.
  • – Respectez votre rythme de sommeil.
  • – Réservez la chambre au sommeil et à l’activité sexuelle en évitant de regarder la télé au lit, de travailler ou de manger au lit.
  • – Un bain tiède au moins 2 heures avant le coucher aide à la détente et augmente la profondeur du sommeil.
  • – Ne vous couchez que lorsque vous ressentez des signaux de sommeil (bâillements, nuque lourde, yeux qui piquent…)
  • – Suivez les signaux d’éveil que vous adresse votre corps : si vous n’arrivez pas à dormir ou si vous êtes réveillé depuis plus de 20 minutes, levez-vous et faites autre chose.
  • – Si vous êtes réveillé le matin, ne cherchez pas à prolonger votre sommeil à tout prix, mais au contraire, levez-vous et commencez votre journée.
  •  N’utilisez pas de médicament tout seul, parlez-en à votre médecin.
Informations validées par le conseil scientifique de l’INSV avec l’aide du Dr Sylvie Royant-Parola et du Pr Pierre Escourrau
Syndrome d'apnées du sommeil

Le syndrome d’apnées du sommeil est une maladie fréquente (touchant environ 8% de la population).

Les mécanismes
Elle est due à des arrêts répétés de la respiration au cours du sommeil. Ces “apnées” sont liées à une obstruction de la gorge dans une région appelée pharynx.
En effet, les parois du pharynx sont constituées de tissus mous. Au cours de la veille, le pharynx reste ouvert du fait de la tension des muscles qui écartent ses parois. Au cours du sommeil, ces muscles se relâchent ; le pharynx se comporte alors comme un tuyau mou au travers duquel on cherche à aspirer de l’air. Cette aspiration entraîne un affaissement des parois du pharynx : l’air passe difficilement, entraînant des turbulences qui font vibrer les structures de la gorge, créant ainsi un bruit : c’est le ronflement. Lorsque les parois du pharynx s’affaissent totalement, l’air ne peut plus passer du tout : c’est une apnée. Le système respiratoire essaie de vaincre l’obstacle en aspirant plus fort, ce qui ne fait qu’aggraver les choses. La respiration ne peut recommencer qu’à la faveur d’un éveil, qui permet aux muscles du pharynx de se contracter, et à la gorge de se rouvrir.

Schéma apnée du sommeil
Schéma illustrant le passage facile de l’air dans la gorge normalement ouverte (à gauche), le passage difficile avec des vibrations dans un pharynx rétréci (au centre) et le passage impossible dans un pharynx obstrué (à droite).

Le syndrome d’apnées du sommeil comporte plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’apnées au cours d’une même nuit et souvent autant de micro-éveils. Cependant ces éveils sont habituellement brefs, non mémorisés. Le patient ne se plaint pas de son sommeil.
La quantité d’apnée est exprimée par heure sous forme d’un index d’apnées hypopnées (IAH) par heures de sommeil.

Les symptômes
La maladie se manifeste le plus souvent par un ou plusieurs des symptômes suivants :

  • – un ronflement qui est souvent particulièrement bruyant, qui se répète toutes les nuits et occupe toute la nuit ou presque toute la nuit.
  • – une impression de ne pas être bien reposé, le matin dès le réveil, et une tendance à s’endormir dès que l’environnement n’est plus stimulant. En particulier des endormissements se produisent de façon presque systématique à la télévision, à la lecture,…
  • – un excédent de poids ; la relation entre excédent de poids, ronflement et arrêts respiratoires au cours du sommeil est très forte.
  • – une hypertension artérielle.
  • – des troubles de la mémoire et de l’attention.
  • – des troubles du caractère à type d’irritabilité.
  • – une baisse de la libido, c’est-à-dire un désintérêt sexuel.
  • – une augmentation de la production d’urine au cours du sommeil, avec le besoin d’aller aux toilettes une ou plusieurs fois par nuit.

L’ensemble de ces symptômes constitue un handicap important, pour l’activité professionnelle, mais aussi pour la vie sociale, en particulier conjugale et familiale. La somnolence expose à des risques d’accident, notamment de la circulation routière.
Pour cette raison, l’aptitude à la conduite automobile (obtention ou maintien du permis de conduire), comme pour toutes causes de somnolence excessive, est liée à la régression de la somnolence par la mise en oeuvre d’un traitement efficace (arrêté de décembre 2005).
A long terme, la maladie a des répercussions en particulier sur le système cardio-vasculaire, dues à la fois aux éveils répétés et au manque d’oxygène pendant le sommeil, entraînant une hypertension artérielle. Le risque d’infarctus et d’attaque cérébrale est plus élevé chez les personnes qui ont un syndrome d’apnées du sommeil. C’est sans doute ces complications qui expliquent que, non traitée, la maladie diminue l’espérance de vie.

Le traitement
Le traitement comporte différentes approches, variables d’un cas à l’autre.

  • – dans tous les cas, il faut supprimer (sous contrôle médical) les causes d’aggravation du ronflement et des apnées, c’est-à-dire l’alcool le soir et certains médicaments comme les tranquillisants et les somnifères.
  • – dans les syndromes d’apnées du sommeil sévères ou relativement sévères, le traitement le plus efficace, et dénué de risques, est l’application d’une pression positive au moyen d’un masque nasal au cours du sommeil. Cet appareil souffle un peu d’air au niveau du nez, ce qui maintien les voies aériennes ouvertes en permanence et fait donc disparaître l’obstruation. Ce traitement est contraignant.
  • – la perte de poids est indispensable, pour de nombreuses raisons, qui ne sont pas seulement liées aux apnées du sommeil. Souvent, elle permet d’améliorer le syndrome d’apnées du sommeil, parfois au point de pouvoir arrêter le traitement par la pression positive continue.
  • – le traitement chirurgical portant sur les tissus mous de la gorge, en particulier la luette, le voile du palais et les amygdales, est parfois efficace sur les apnées au cours du sommeil lorsque celles-ci sont peu nombreuses. Il permet plus fréquemment d’éliminer le ronflement; cette chirurgie est donc indiquée surtout dans les cas où le ronflement ne s’accompagne pas ou peu d’apnées.
  • – un appareil dentaire, amovible, qui ne se porte qu’au cours du sommeil permet lui aussi souvent d’éliminer le ronflement, ainsi que les apnées, lorsque celles-ci sont peu nombreuses.
  • – enfin, comme le ronflement et les apnées surviennent plus volontiers sur le dos, des traitements visant à éviter de dormir sur le dos peuvent être utiles. Ils ne sont efficaces que lorsque les apnées surviennent exclusivement sur le dos.

 

Ce que les proches des malades doivent savoir sur le syndrome d’apnées du sommeil
Les symptômes de la maladie s’installent de façon très progressive, et les épisodes d’endormissement involontaire ne sont pas toujours perçus, ou parfois interprétés comme un simple signe de fatigue.
Malgré le caractère souvent très impressionnant des bruits émis au cours du sommeil, les patients eux-mêmes ne se rendent pas compte de ce qui se passe au cours de leur sommeil.
Il est fréquent qu’ils banalisent ce qui leur arrive, et qu’ils soient très sceptiques vis-à-vis de ce qu’on leur raconte. Il faut souvent beaucoup de patience et d’insistance, pour les amener à consulter un médecin à ce propos.
Les apnées, même si elles sont parfois prolongées se terminent spontanément; il n’est donc pas nécessaire de réveiller le patient de façon répétée.
Il est utile également de se souvenir que la distraction et les oublis fréquents, l’irritabilité, le désintérêt sexuel ne sont pas des témoignages de mauvaise volonté ou d’agressivité, mais qu’ils sont directement liés à la maladie.

Tracé apnée du sommeil

Tracé apnée du sommeil 

 

Extraits d’enregistrements de la respiration au cours du sommeil.
Ils montrent, dans le cas du syndrome d’apnées du sommeil, l’interruption répétée () de la respiration (V), et la chute de l’oxygène dans le sang (SaO2) qui en résulte. Les efforts pour respirer (Po) persistent durant les apnées.

 

Information validée par le conseil scientifique de l’INSV avec l’aide du Pr Jean Krieger.
Syndrome des jambes sans repos

Le syndrome des jambes sans repos comporte deux types de manifestations souvent associées chez un même patient: le syndrome d’impatiences des membres inférieurs qui correspond à des sensations désagréables ressenties au cours de la veille, et les mouvements périodiques qui se produisent au cours du sommeil.

Le syndrome d’impatiences des membres inférieurs
Il s’agit d’une sensation désagréable, parfois à la limite du tolérable, mais toujours très difficile à décrire: sensation de picotement ou de ruissellement ou de brûlure, toujours accompagnée d’un impérieux besoin de bouger. Deux caractères sont typiques: la gêne survient de préférence le soir et la nuit; elle est favorisée par l’immobilité, et soulagée, au moins en partie, par le mouvement.
Ce syndrome d’impatiences des membres inférieurs a souvent un caractère familial, en général méconnu. Il est volontiers attribué, par erreur à des problèmes circulatoires, et notamment de circulation veineuse.

Les mouvements périodiques au cours du sommeil

Tracé jambes sans repos
Extrait d’enregistrement polygraphique du sommeil d’une durée de 2 min montrant une activité électromyographique des muscles fléchisseurs du pied droit (EMG1) et gauche (EMG2) répétée toutes les 10 à 20 sec entraînant un éveil visible à l’EEG (CZ-A2; O2-A1) et une accélération de la fréquence cardiaque (ECG)

Comme leur nom l’indique, il s’agit de mouvements qui se produisent au cours du sommeil, de façon involontaire. Ils ne sont en général pas ressentis par le patient (sauf dans le cas, plus rare, où ils se manifestent à l’éveil) mais peuvent être observés et enregistrés au cours d’un enregistrement polygraphique du sommeil.
Ils répondent à des critères précis, de durée et de fréquence de répétition. Ils touchent en général les muscles des jambes, le plus souvent les muscles des extrémités, entraînant une flexion du pied et des orteils mais parfois s’étendent à la racine des membres, entraînant une flexion du genou, ou même de la hanche ; plus rarement, ils s’étendent aux membres supérieurs.

Manifestations
Il arrive parfois que le syndrome d’impatiences des membres inférieurs soit gênant au point de constituer à lui seul le motif de consultation. Beaucoup plus souvent, les patients consultent pour un trouble du sommeil, avec des difficultés d’endormissement ou des éveils répétés au cours de la nuit, qui ne sont pas toujours mis en relation avec le syndrome d’impatiences des membres inférieurs.
Les mouvements périodiques au cours du sommeil sont responsables d’une désorganisation et d’une fragmentation du sommeil, et entraînent un sommeil de qualité insuffisante, et donc une somnolence au cours de la journée. La relation entre mouvements périodiques au cours du sommeil et somnolence n’est cependant pas démontrée formellement.

Les mécanismes
On sait qu’environ 80% des personnes qui ont un syndrome d’impatience des membres inférieurs ont également des mouvements périodiques au cours du sommeil ; en revanche on peut observer des mouvements périodiques au cours du sommeil en l’absence de syndrome d’impatiences des membres inférieurs, et seuls 30% des personnes qui ont des mouvements périodiques au cours du sommeil ont également un syndrome d’impatiences des membres inférieurs.
Néanmoins, on peut supposer que les deux manifestations ont une explication commune, traduisant une hyperexcitabilité ou un défaut de mise au repos du système nerveux.
Dans certains cas, on identifie des maladies spécifiques du système nerveux, touchant les nerfs périphériques ou la moelle épinière. Le plus souvent le système nerveux paraît indemne. C’est dans ces cas que l’on retrouve une histoire familiale, dans près de 90% des cas.
Le mécanisme intime de la maladie n’est pas connu, mais il semble impliquer une activité insuffisante de cellules du système nerveux (neurones) utilisant la dopamine pour transmettre le signal nerveux d’un neurone à l’autre.
Récemment une relation entre une carence en fer et la maladie a été mise en évidence. Le syndrome d’impatience est également fréquent en cas d’insuffisance rénale ou de diabète.

Le traitement
Lorsqu’existe une carence en fer, la reconstitution des réserves ferriques est souvent très efficace.
Dans le cas contraire le traitement fait appel à des médicaments qui facilitent la transmission de l’influx nerveux entre les neurones utilisant la dopamine comme neurotransmetteur. D’autres médicaments sont également efficaces et notamment des médicaments utilisés dans le traitement de certaines formes d’épilepsie.

Information conçue par l’unité des Troubles du sommeil des hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Professeur Jean Krieger.
Narcolepsie

La narcolepsie est une maladie rare (environ 0,05 % de la population), qui débute le plus souvent chez les sujets jeunes (autour de l’adolescence). Elle se traduit par une somnolence diurne, habituellement associée à d’autres manifestations.

Les symptômes
La somnolence diurne est un besoin excessif de dormir en cours de journée. Elle est particulièrement intense à certains moments, entraînant un endormissement quasiment incontrôlable en pleine activité. Elle peut avoir un retentissement social important, tant sur le plan familial que professionnel ou scolaire. Elle peut être source d’accidents du travail ou de la circulation. Pour cette raison, la législation soumet l’obtention ou le maintien du permis de conduire à la mise en œuvre d’un traitement efficace (arrêté de décembre 2005).
Les siestes améliorent transitoirement la somnolence. Les patients et leur entourage ne réalisent pas toujours que la somnolence peut être le signe révélateur d’une maladie nécessitant un traitement spécifique; ceci explique le délai souvent long avant la première consultation.

Les attaques de cataplexie sont des relâchements musculaires brusques survenant en plein éveil. Elles peuvent être localisées (mâchoires, membres supérieurs) ou généralisées, entraînant alors une chute. Elles sont souvent déclenchées par une émotion ou un fou rire.

Les paralysies du sommeil sont des épisodes survenant au moment du réveil ou de l’endormissement au cours desquels les sujets sont incapables de bouger alors qu’ils sont mentalement réveillés. Ces manifestations ne sont pas dangereuses.

Les hallucinations hypnagogiques ou hypnopompiques surviennent également au moment de l’endormissement ou du réveil. Ce sont des perceptions visuelles, auditives, voire tactiles ne correspondant pas à la réalité.
Les perturbations du sommeil nocturne (éveil en cours de nuit, cauchemars …) sont fréquentes chez les sujets narcoleptiques.

Le diagnostic
L’interrogatoire bien orienté, éventuellement complété par un agenda de sommeil rempli par le patient pendant quelques semaines, permet en général de suspecter fortement le diagnostic.

Les enregistrements de sommeil de nuit et surtout de jour permettent de confirmer le diagnostic. Le “test itératif de latence d’endormissement” (TILE), qui consiste à pratiquer un enregistrement de sommeil de 20 minutes toutes les 2 heures à 4 ou 5 reprises dans une même journée, met en évidence la tendance à s’endormir très rapidement et la survenue précoce d’un type particulier de sommeil, le “sommeil paradoxal”.

Tracé narcolepsie
Hypnogramme (organisation du sommeil de 24h) chez un sujet sain comparé à un narcoleptique.
Chez le narcoleptique, on note :
– La survenue de plusieurs épisodes de sommeil en cours de journée,
– Une perturbation du sommeil par des éveils en cours de nuit
– Une tendance à la survenue très rapide du sommeil paradoxal, de jour comme de nuit.

Les mécanismes
Le sommeil normal est constitué de deux états différents qui alternent au cours de la nuit : le “sommeil lent” pendant lequel le cerveau semble réellement “au repos” et le “sommeil paradoxal” pendant lequel il existe une activité cérébrale intense, correspondant vraisemblablement aux rêves. Le sommeil paradoxal s’accompagne par ailleurs d’un relâchement musculaire total et de mouvements rapides des yeux.

Les différents symptômes de la maladie peuvent s’expliquer par un fonctionnement anormal des mécanismes cérébraux de régulation des états de veille et de sommeil. La somnolence diurne est en effet une survenue anormale du sommeil au cours de la veille alors que les éveils nocturnes sont une survenue anormale de la veille au cours du sommeil. Les autres symptômes correspondent à la survenue au cours de la veille de manifestations normalement propres au sommeil paradoxal. Les attaques de cataplexie et les paralysies du sommeil correspondent au relâchement musculaire du sommeil paradoxal qui survient en pleine veille. Les hallucinations hypnagogiques ressemblent à des rêves qui surviennent alors que le sujet ne dort pas. La survenue du sommeil paradoxal très peu de temps après l’endormissement est également anormale.

La compréhension de la maladie a fait des progrès très rapides au cours des dernières années; une maladie du chien qui ressemble étrangement à la narcolepsie humaine se transmet par un gène impliqué dans la synthèse de l’orexine (ou hypocrétine) (un neurotransmetteur récemment découvert, synthétisé par un petit nombre de cellules localisées dans une région très précise du cerveau). Chez l’homme, les cellules responsables de la synthèse de l’orexine sont également lésées, sans doute par un mécanisme plus complexe, en partie génétique, en partie auto-immunitaire.
Le risque d’avoir une narcolepsie est plus important chez les enfants de narcoleptiques que dans la population générale, mais il reste faible. La narcolepsie n’augmente pas le risque de développer d’autres maladies et ne diminue pas l’espérance de vie.

Le traitement et l’évolution
Le premier traitement consiste à bien gérer son sommeil en adoptant des horaires de sommeil réguliers et suffisants. Une ou plusieurs siestes dans la journée permettent en général de retrouver une vigilance satisfaisante pour une durée plus ou moins longue.
Des médicaments corrigent les symptômes de la maladie. Ils sont différents pour la somnolence et pour la cataplexie. La stratégie thérapeutique est adaptée à chaque patient, ce qui nécessite des ajustements successifs.
Les médicaments actuellement utilisés dans la narcolepsie ont très peu d’effets secondaires. Leur efficacité se maintient au cours du temps et ils n’entraînent pas de dépendance.
Aucun de ces traitements n’apporte une guérison de la maladie. Ils permettent uniquement d’en contrôler les symptômes ; ceux-ci réapparaissent à l’arrêt du traitement.
La narcolepsie peut faire l’objet d’une déclaration d’affection de longue durée “hors liste”.

Information validée par le conseil scientifique de l’INSV avec l’aide du Pr Jean Krieger.
Quand faut-il consulter ?

Reconnaître un trouble du sommeil peut épargner des années d’inconfort voire de souffrance inutile et prévenir l’installation de conséquences graves pour la santé.

Les centres du sommeil

Quand doit-on consulter dans un centre de sommeil ?
C’est votre médecin traitant qui peut répondre à cette question, il vous adressera à un centre spécialisé si vous avez besoin d’examens complémentaires ou d’un traitement particulier.

Insomniaque ? En règle générale, votre médecin peut prendre en charge votre insomnie qu’elle soit transitoire ou chronique. Il choisira de vous adresser à un centre spécialisé si votre insomnie s’aggrave, ne réagit pas aux traitements ou à un retentissement sévère dans la journée.
Toutes les insomnies qui comportent une somnolence nette dans la journée devraient bénéficier d’une consultation spécialisée.

Envie de dormir ou mal réveillé dans la journée ? C’est ce que l’on appelle une somnolence diurne excessive. La somnolence diurne excessive nécessite presque toujours un avis spécialisé et une exploration par un enregistrement de sommeil. En effet, elle peut correspondre à des pathologies différentes, nécessitant des traitements spécifiques.

Quels examens fait-on dans une unité de sommeil ?
– une polysomnographie : il s’agit d’un enregistrement de votre sommeil au cours de la nuit ou d’une nuit et d’une journée. Elle peut se faire en hospitalisation sur une nuit, voire deux L’infirmier ou le technicien mettra en place la matériel dans l’après-midi ou la soirée. Il collera de petites électrodes après avoir nettoyé la peau du visage et du crâne ; celles-ci sont reliées à un dispositif d’amplification car elles recueillent l’activité électrique émise par le cerveau, or celle ci est de très faible amplitude. De même, le tonus musculaire est mesuré au niveau du menton et les mouvements des yeux sont enregistrés. D’autres capteurs seront installés sur d’autres parties du corps et fixées avec du sparadrap : la poitrine pour enregistrer l’activité cardiaque, la respiration ; au niveau des narines pour mesurer le flux d’air, des doigts ou du lobe de l’oreille pour l’oxygène, des jambes…rien n’est douloureux, il est possible de bouger au cours du sommeil. Cependant ces capteurs sont en règle fragiles et il ne faut en aucun cas tirer dessus pour les retirer sans l’aide de la personne qui surveille la nuit.

Si l’examen est effectué dans un centre vous êtes surveillés par un infirmier ou un technicien toute la nuit.

Certains examens peuvent être effectués en ambulatoire grâce a un matériel portable. Les capteurs sont installés au centre, plus rarement au domicile du patient et celui ci dormira donc chez lui après avoir branché l’appareil et l’avoir mis en route.

– des tests itératifs d’endormissement (TILE). Cet examen s’effectue dans la journée. Il consiste à effectuer 4 à 6 siestes, séparées par un intervalle de 2h, au cours desquelles le patient est allongé dans une pièce sombre et calme et doit de laisser aller au sommeil. Le réveil est effectué par le technicien qui surveille l’enregistrement après vingt minutes de sommeil au plus. Cet examen permet de faire le diagnostic de certaines maladies comme la narcolepsie et de quantifier la rapidité à s’endormir dans des conditions favorables.

– des tests de maintien de la veille (TME). Le test consiste également en des tests répétés toutes les deux heures, comme les tests itératifs d’endormissement mais les conditions sont différentes : le patient est en position semi-allongée dans une ambiance calme et peu éclairée et doit résister au sommeil pendant vingt minutes. Ce test permet de vérifier que le sujet dispose d’une vigilance entièrement normale et en particulier de contrôler l’efficacité d’un traitement sur la somnolence diurne.

D’autres examens de la vigilance peuvent être effectués selon les besoins et les habitudes de chaque centre.

Que dois-je faire avant un examen ?
Le centre de sommeil vous enverra ses recommandations : effectuer un shampoing avant l’examen (moins la peau est grasse, meilleur est l’enregistrement), prévoir un vêtement de nuit qui ne se passe pas par la tête, un foulard ou autre si vous souhaitez dissimuler les électrodes lors d’un enregistrement ambulatoire.

Pensez à signaler toute prise de médicament lors des quinze derniers jours ou tout changement de traitement. En particulier, il est essentiel de signaler la prise de somnifères ou médicaments contre l’angoisse, la dépression. En effet, ils modifient le sommeil et peuvent gêner l’interprétation de l’examen.

Si vous êtes allergique (éther, acétone, collodion, sparadrap…), signalez le au technicien.

Un centre près de chez vous

 

Liste des centres du sommeil